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Chablais

HERALDIQUE

Lexique héraldique

Pour pouvoir accéder aux explications détaillées des mots que l'on est appelés à connaître et afin de se familiariser avec les termes usités qui accompagnent les blasonnements habituels, il y a lieu de se reporter au vocabulaire qui compose ce lexique auquel on parvient en se reportant à la rubrique "Commentaires utiles" mentionnés ci-contre. 

Définitions

Science de la connaissance des règles selon lesquelles les armes doivent être composées, définies, reproduites et transmises (Théodore Veyrin-Forrer) - l'art héraldique qui en découle, concerne l'exécution des armoiries par la peinture ou tout autre élément graphique conformément aux règles établies. Tous les termes relatifs à cette discipline sont donnés par le "Lexique Héraldique" figurant dans les "Infos pratiques" incluses dans ce site. Les définitions essentielles sont reprises ci-après pour les personnes qui ne sont pas adhérentes à notre association.

Armes : ce mot désigne la seule représentation de l'écu. 

Armoiries : indiquent l'écu et ses ornements extérieurs dont la nature et la disposition sont également soumis à un réglement moins rigoureux cependant, l'espace consacré n'étant pas délimité. Dans le système français (et d'après Rémi Mathieu) : ce sont des emblèmes en couleur, propres à une famille, à une communauté ou, plus rarement, à un individu, et soumis dans leur disposition et dans leur forme à des règles spéciales, qui sont celles du blason.Servant le plus souvent de signes distinctifs à des familles, à des groupes de personnes unies par les liens du sang, elles sont en général héréditaires. Les couleurs dont elles peuvent être peintes n'existent qu'en nombre limité. Enfin elles sont presque toujours représentées sur un écu." 

Blason : Définition descriptive, écrite ou orale, des armoiries et leur représentation matérialisée. Par extension, on englobe plus généralement sous ce vocable l'étude et la connaissance héraldique dans son ensemble. 

Blasonnement : Se dit du texte structuré et rédigé d'une façon convenue et déterminée qui à lui seul doit permettre une représentation graphique scrupuleusement correcte et fidèle des armes décrites.

Chronologie

Un peu d'histoire ...

S'identifier, telle a été l'une des préoccupations majeures des personnages d'importance depuis l'Antiquité. Les sceaux, les monnaies portent l'empreinte des souverains de toutes dynasties. Les objets, les édifices en gardent la trace, symboles d'une notoriété qui faisait autorité et qui a souvent jusqu'à nos jours permis d'établir et de fixer des datations, procurant aux historiens les repères nécessaires à l'établissement de la chronologie des évènements tels que nous les connaissons aujourd'hui. On pourrait associer à cette démarche celle plus récente, qui a voulu qu'en Occident naisse la nécessité d'affirmer la possession et de permettre la reconnaissance des antagonistes lors des confrontation, en faisant usage de signes distintifs et inédits.

Motif d'appartenance, le système héraldique se met en place en même temps que se dessinent les structures seigneuriales. Les équipements militaires suivent cette évolution et les stratégies qui en découlent fixent leurs règles. Il importe alors que chacun reconnaisse les siens dans la confusion d'un affrontement, conséquence de plus en plus fréquente qui accompagne les rivalités qui se dessinent de jour en jour. Pour une période données, les combattants qui se font face, sont équipés du même type d'armes et ont revêtu le même uniforme, l'armure. Malgré des variations quant aux détails de sa conception, celle-ci conserve nécessairement un point commun, la visière qui autorise comme son nom l'indique, la vision tout en dissimulant le visage. Il s'agit souvent d'une mince fente à hauteur des yeux pratiquée sur le heaume qui n'autorise pas la reconnaissance de son adversaire.

C'est ainsi que nait dès le XIIème siècle, l'impérieuse nécessité d'ajouter à son apparence, des signes distinctifs reconnaissables, communs à tous ceux qui appartiennent au même bord. Ces marques réalisées à la peinture, sont apposées directement sur la face extérieure des boucliers, avec la vulnérabilités que l'on suppose. Il faut souligner à ce titre que le haubert de mailles ne se prêtait guère à une telle adjonction et il faudra attendre le XIVème siècle pour que les plaques métalliques de protection rendent l'écu obsolète. Pour les chevaliers, la cotte d'armes en tissu se substitue avantageusement dès lors, à la diversification des motifs et des couleurs, la broderie ayant pris le pas sur la pigmentation.

Ces distinctions étaient peu après leur création, vite devenues héréditaires, des ajonctions considérées comme mineures, pouvant apporter des variations à l'environnement du sujet central. En fait, cette coutume qui prend naissance au Nord de la Loire, s'étend vers l'Est et se répand à l'occasion des tournois où les champions s'identifient à ceux pour qui ils combattent, jamais à ceux ou celle dont ils sollicitent les faveurs. Le phénomène s'internationalise au gré des Croisades et des grandes migrations qui les accompagnent. Partie d'une nécessité, l'héraldique gagne en importance en devenant un peu par mimétisme, un phénomène de mode. Ce n'est plus au XVème siècle un privilège réservé aux seuls nobles et à la chevalerie. La classe bourgeoise naissante va se l'approprier et généraliser plus que de raison son utilisation. On la retrouve partout, sur tout et à toute occasion, sur les linteaux des portes et les devantures des échoppes.

Celui qui possède cet attribut, se sent investi d'un degré de respectabilité dont il pourra à chaque instant se prévaloir. C'est enfin l'obtention de la reconnaissance d'un prestige dont la naissance l'avait injustement privé. Les professions d'artistes avérés, dont beaucoup ne manquent pas de talents mais surtout pas de scrupules, prolifèrent. Dessinateurs, peintres, sculpteurs, graveurs s'en font la spécialité. Cette profusion d'emblèmes tourna inévitablement à l'anarchie et rapidement des règles s'imposèrent à tous. La principale et la plus évidente : ne pas adopter des armoiries déjà portées par d'autres. Cet engouement s'estompa pour s'achever avec l'avènement de la Renaissance.

Là aurait pu prendre fin cette longue et enrichissante histoire. Trois siècles de sommeil ne suffirent pas à faire disparaitre définitivement une science qui s'était élaborée à partir de l'histoire et des traditions, familiales plus particulièrement. Des chercheurs souvent érudits n'eurent de cesse de clarifier ce qui  pour certains, n'était que le fruit d'une imagination artistique. De nombreux ouvrages vinrent rappeler au bon souvenir de tous qui en quête de repaires, les significations de ces compositions dont l'interprétation n'est pas souvent évidente. Il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour qu'enfin on donne un sens à ces  représentations parfois abstraites et une description spécifiquement adaptée, le blasonnement, à cette discipline dont on retrouvera les définitions dans le "lexique héraldique" inédit rédigé par Chablais Généalogie et qui figure sur ce site. La généalogie ne pouvait pas ignorer cette démarche qui lui était de toute façon complémentaire et indissociable. Le comte Amédée de Foras que nous connaissons particulièrement bien dans notre province, apportera par son ouvrage de 1885 qui fait autorité, les éclaircissements indispensables à la bonne compréhension de la science héraldique. 

 

QUESTIONS  PRATIQUES

Vous avez envie de créer votre blason ?

Jusqu'au 10 janvier 1872, il existait en France un organisme officiel habilité à enregistrer des armoiries, le "Conseil du Sceau". Depuis cette date, le blason qui est un élément strictement privé, obéit aux mêmes règles que celles qui protègent le patronyme lui-même (arrêt de la Cour d'Appel de Paris du 20/12/1949). La définition suivante répond à l'application des dispositions en vigueur actuellement : "Les armoiries sont des marques de reconnaissance accessoires du nom de famille auquel elles se rattachent indissolublement, que cette famille soit d'origine noble ou non". Il n'y a donc aucune raison pour se préserver de toute reproduction possible, de déposer un blason inédit à l'Institut national de la propriété intellectuelle (INPI). Car le blasonnement de lui-même ne met pas étant interprétable, à l'abri de toute initiative débouchant vers des variations de proportions, de styles, de nuances de couleurs. Seule la description écrite peut être protégée.

Vous souhaitez en connaître les modalités ?

D'après Frédéric Luz, héraldiste (*), "la seule façon d'enregistrer aujourd'hui un blason, est de le rendre public, tout en s'assurant que l'on n'usurpe pas les armes d'autrui". Concrétement, il est possible de publier ses armoiries par le biais d'une organisation telle que l' "Armorial de France et d'Europe" (fondé en 1989 par Frédéric Luz) et publié sous le patronage du "Conservatoire Français du Blason". - Cet armorial est alors déposé au Ministère de l'Intérieur et à la Bibliothèque Nationale. Ce dépôt légal permet de témoigner l'antériorité de la propriété du blason et de s'opposer à toute contestation ultérieure éventuelle; Il en va de même des communes.qui ont la faculté de se choisir librement un blason en s'assurant de son enregistrement.                                                                       (*) contact : www.luz-herald.net

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